This podcast discusses subjects central to the OECD/EC publication – Social Economy in Europe: Contributing to Competitiveness and Prosperity.
Blurb
Recent OECD data show that around one in ten people across member countries have no one they can rely on in times of need, underscoring the growing urgency of loneliness and social isolation. In today’s episode, we explore how one Parisian neighbourhood has decided to push back through the creation of a vibrant community movement that’s reshaping daily life.
Recorded with Patrick Bernard founder of La République des hypers voisins, and Marion Lagadic, an OECD colleague who is also a member of the collective, this conversation dives into how a small gathering in a local restaurant blossomed into a powerful neighbourhood network grounded in trust, conviviality, and mutual support. From organising a 1 500-person street banquet to creating WhatsApp groups that connect thousands of residents, Patrick and Marion share how intentional social ties can strengthen safety, wellbeing, and even help older neighbours remain in their homes.
Hosted by Amal Chevreau, Head of the Social Economy and Social Innovation Unit at the OECD, this episode also highlights the growing evidence on why community relationships matter, revealing how local initiatives can influence quality of life, reinforce social cohesion, and inspire new approaches to public policy.
Transcription en français
Hôtesse
Bienvenue sur les podcasts de l’OCDE, où les politiques publiques rencontrent les citoyens.
Amal
Parfois, on a besoin d’un petit coup de main, d’un ami, d’un conseil, une cuillère de sucre ou une main supplémentaire pour réparer une porte qui grince. Pourtant, 8 % des Européens et des Américains déclarent n’avoir aucun ami proche. Le chirurgien général des États-Unis, Vivek Mercy, a récemment qualifié la solitude d’épidémie alertant sur ses conséquences graves pour la santé publique.
Mais tout le monde n’accepte pas cette réalité. Certains prennent aujourd’hui position et cherchent à reconstruire les communautés depuis la base. L’un d’eux, est Patrick Bernard, qui a rassemblé quelques voisins du 14ᵉ arrondissement de Paris dans un restaurant local pour discuter de la manière dont il pourrait inspirer les habitants de leur quartier à être connectés pour un soutien mutuel. De cette conversation est née la République des hypers voisins.
Patrick, Marion bonjour et bienvenue à ce podcast. Alors première question pour vous Patrick, pourriez-vous nous rapprocher un petit peu plus de la République des hypers voisins, y compris les enjeux de cette initiative cherche à aborder.
Patrick
Merci, on se rappelle les débuts de ce projet. Il commence dans un restaurant du quartier. Il y a cinq voisins qui sont avec moi et je leur parle de ce projet qui est de transformer des voisins qui disent bonjour cinq fois par jour en hyper voisins, qui disent bonjour 50 fois par jour. C’était une manière très imagée de leur parler de la dynamisation du lien social dès lors qu’on habite un même territoire de vie.
Mais ça, c’est une jambe du projet, la deuxième jambe. En tous les cas, ce que j’avais en tête, ce dont je parle moins ouvertement peut être avec mes voisins, parce que j’ai un petit peu peur qu’ils se qui se disent ceux qui partent en courant parce que le projet leur paraît peut être trop sérieux, c’est de dire que cette interaction, cette capacité d’interaction qu’on a tous, dès lors qu’on partage un territoire de vie, produit de la richesse et que c’est ça recèle en fait un actif économique immatériel, genre dans lequel effectivement, il serait nécessaire d’investir.
Donc ça, c’est le projet que j’avais moi, personnellement en tête, ce qui m’a fait parler très vite avec des chercheurs, de voir comment est-ce qu’on pouvait créer des métriques, de comment est-ce qu’on pouvait identifier des métriques et comment est-ce qu’on pouvait créer des indicateurs de convivialité de façon à mesurer les efforts de dynamisation dans lesquels on allait se projeter?
Amal
Merci Patrick, Je me tourne cette fois vers Marion. Alors Marion, comment avez-vous entendu parler pour la première fois d’hyper voisin ? Et qu’est-ce qui vous a motivé à vous impliquer ?
Marion
Merci Amal. Peu de temps après avoir emménagé dans le quartier, j’ai découvert une affiche sur la porte de mon immeuble qui mettait en avant la table d’hôte d’un immense banquier de quartier qui accueille environ 1500 couverts tous les ans en septembre.
Chaque voisin était encouragé à apporter un plat, des boissons à partager pour faire connaissance. Je n’avais jamais entendu parler d’un tel événement à Paris. Je me suis dit que ce serait l’occasion de découvrir mon nouveau quartier et de me faire des amis. Et en effet, je me suis fait des amis avec qui je suis toujours en contact au quotidien.
Aujourd’hui. Ces voisins m’ont parlé de la communauté WhatsApp, des hypers voisins, un ensemble de groupes qui organisent la convivialité, la convivialité et l’entraide dans le quartier. Le ton y était joyeux, bienveillant et je me suis mise à les consulter très rapidement. J’ai aussi découvert très tôt que participer à la communauté des hyper voisins, ça n’impliquait pas un engagement très important.
Juste consulter les groupes et se manifester quand on a la capacité de donner un coup de main. Et en tant que jeune active ? Jeune maman maintenant. Ah, c’était très important. Parce qu’en fait, si l’engagement premier avait été trop important, je pense que je serais restée en retrait par peur de décevoir, de ne pas être à la hauteur de mon engagement.
Alors que là, je me suis sentie à l’aise de participer et rapidement, j’ai vu que ces groupes améliorer réellement ma qualité de vie. Ça commence par des petites choses. Je vais donner un exemple. En emménageant, j’ai tapé dans mon compteur, fait sauter l’électricité chez moi dans l’heure, un voisin m’avait aidé à tout remettre en place. On m’a prêté un diable pour déplacer mes affaires.
On m’a aidé à installer mon bébé dans son siège auto. C’est tout un tas de petites choses qui améliorent le quotidien. Et aujourd’hui, je me rends compte que je n’ai même pas besoin d’être vraiment en contact avec la communauté directement pour me sentir mieux. Je sais que si par exemple, je perds mes clés, si je suis enfermée en dehors de chez moi sous la pluie, il y aura toujours quelqu’un pour m’aider.
Et ça c’est un confort vraiment unique au quotidien.
Amal
Alors merci à vous deux de nous avoir un peu plus rapprochées de comment toute cette aventure a commencé. Je me tourne vers vous encore Patrick, pour un peu aller dans un peu plus de détails. Quelle a été la réaction initiale du quartier lorsque vous avez lancé La République des hypers voisins?
Patrick
Alors quand on lance un projet pareil c’est pas évident. J’ai essayé de recueillir un enthousiasme spontané. Donc je pense que les premières réactions ont plutôt été sceptiques. On prend l’exemple de la table d’hôte puisque c’est cette grande table de couverture qu’on installe dans la rue. C’était perçu comme un enjeu, perçu comme un vrai challenge, et c’est un défi auquel les habitants ne croyaient pas trop.
Quand j’ai proposé le projet, ça leur semblait insurmontable de mettre 1000 personnes comme ça, assise au milieu de la rue. C’était quelque chose à laquelle une chose à laquelle ils n’avaient pas été confronté. Donc ils essayaient de me convaincre de faire la même table dans une impasse. Avec 50 couverts, ça aurait été déjà un bel exploit. Donc cette petite réticence tout à fait compréhensible, je allée.
En fait, il a fallu tenir, s’opposer un petit peu à ça et maintenir le projet. Et je pense que ce succès qu’on a connu dès la première année avec cette grande table, c’est un peu grâce à ce succès là que j’ai gagné. Peut-être mes galons de capitaine où les gens m’ont fait confiance. Et derrière, il y a une dynamique qui est qui a été très productive, qui s’est installée.
Mais c’est vrai qu’il a fallu acheter cette confiance, qu’il faut donner des gages à la confiance. Il fallait aussi montrer qu’on n’était pas là pour manipuler les gens. Il fallait déminer un certain terrain puisque quand on vient parler de faire des choses dans un quartier, on vous suspecte d’emblée de faire des choses de façon partisane ou au nom d’un parti politique ou autre, avec en tous les cas des intérêts cachés.
Il a fallu effectivement est absolument transparent sur mes intentions de démontrer que je n’avais pas d’agenda personnel déjà pour commencer, et que toute notre action, toute notre activité, j’allais s’inscrire dans une dans une dynamique très collective et totalement transparente.
Amal
Bon bah c’est super ce que vous nous vous nous expliquez ici et je suppose qu’après ce succès, après avoir gagné la confiance, etc des habitants, des voisins, est ce que vous avez été surpris du nombre des personnes souhaitant rejoindre la République des hypers voisins et des retours?
Patrick
Alors ça, ça fait partie des belles surprises, c’est vrai. C’est vrai qu’aujourd’hui, huit ans après, on est en train de gérer difficilement une croissance à laquelle on ne s’attendait pas forcément. C’est à dire que pour rentrer dans les groupes WhatsApp, par exemple, dans cette communauté, on est bloqué à 2000. Il faut attendre presqu’un mois. Maintenant, il faut attendre que des gens sortent pour pouvoir rentrer.
Donc c’est un gage de succès. Au tout début, effectivement, je romps à ça se passe en plusieurs temps, plusieurs étapes. On a eu quelque chose qui nous a aidés, ça a été presque notre campagne de communication. C’est un peu impropre d’en parler comme ça, mais c’est le Covid qui a démontré effectivement que tout ce qu’on avait commencé à mettre en place, c’est à dire des rendez-vous physiques où les gens se rencontraient, allaient cruellement nous manquer pendant toute cette période de confinement.
Et du coup, on a développé des. C’est là que l’outil numérique est venu nous aider. En fait, ce n’est pas un outil numérique est venu ex abrupto. C’est quelque chose qui est venu comme un outil venant performer notre action, mais certainement pas effectivement comme une finalité. Donc ça, ça a été très, très important dans la démarche. Et c’est vrai que cet outil numérique nous a permis par contre, effectivement, une croissance extrêmement importante puisque la rencontre physique n’était pas une obligation. En tous les cas, tout ce qu’on fait sur le numérique doit tendre vers une vraie rencontre physique. Mais par contre, ce n’est pas un passage obligé.
Amal
Merci Patrick. Je me retourne maintenant encore une fois vers Marion qui a emménagé dans le secteur depuis 2017. Alors Marion, vous avez découvert l’initiative quelques mois plus tard. Quelles ont été vos premières impressions en découvrant ce mouvement de quartier?
Marion
Quand j’ai emménagé dans le quartier, je vais déjà à Paris depuis plusieurs années. Mais pour être honnête, je m’étais jamais vraiment sentie chez moi à Paris. J’avais aucun lien avec mes voisins. Et finalement, qu’est ce qui fait d’un quartier un chez soi? C’est Les gens qui y vivent ne sont pas plus familiers que n’importe qui dans une autre ville même.
Et c’est vrai que ça, ça a changé tout de suite avec les hyper voisins. Parce que reconnaître des visages familiers que j’avais vu à la table d’hôte, ou alors des reconnaître dans la rue des gens avec qui j’avais eu des échanges sur les groupes WhatsApp. Juste voir cette discussion qui se développe constamment en ligne, ça me donnait une impression de chaleur en fait, et de convivialité.
Et je pense aussi qu’il y a des choses qui qui se sentent dans le quartier sans même avoir besoin de connaître l’initiative. Moi, en tant que jeune étudiante d’abord, qui s’est installée à Paris, comme beaucoup, j’avais été victime de harcèlement de rue et donc mon expérience parisienne, elle était marquée par une sorte de vigilance constante. Et c’est vrai que ça a changé quand j’ai emménagé dans ce quartier. Je pense que le fait que les gens se connaissent, ça crée aussi une impression de sécurité et de bienveillance qu’on perçoit dans la rue.
Amal
Alors je vais rester quand même un tout petit peu avec Marion pour lier toute cette initiative aussi à ce qu’on fait ici à l’OCDE. Alors Marion, l’OCDE dispose t-elle de preuves sur la manière dont la dynamique des quartiers influence la vie des populations?
Marion
Absolument. Et tout d’abord, certaines des données de l’OCDE permettent de comprendre à quel point il est important de réfléchir à la manière dont un quartier et les relations sociales peuvent contribuer à la qualité de vie de ses habitants. 10% des résidents de l’OCDE n’ont personne sur qui compter en cas de besoin et la recherche montre que la solitude est associée à une mauvaise santé mentale, physique, à des moins bonnes performances au travail, à un risque accru de chômage.
On a identifié aussi trois groupes qui sont particulièrement à risque d’isolement social des personnes à faible revenu et en situation de chômage. Les femmes et la recherche montre aussi que les femmes avec enfants en bas âge sont particulièrement concernées et les personnes âgées. Plus d’un sénior ? sur dix ne voit qu’un seul ami, ne voit pas un seul ami en personne au cours d’une année.
Et on rappelle qu’entre 2020 et 2040, la part de personnes âgées de 65 ans et plus vivant au sein des zones urbaines de l’OCDE et dans leurs alentours, elle aura augmenté de 21 à 29%. Donc c’est un sujet vraiment très important. L’OCDE a travaillé sur les villes adaptées à tous les âges de la vie et ces travaux montrent que l’environnement bâti et les relations sociales au sein de la communauté et l’accès aux services de base peuvent influencer le développement des enfants.
Les opportunités auxquelles chacun a accès au cours de la vie et la capacité des personnes âgées à vieillir chez elles confortablement dans des quartiers dotés d’espaces publics accessibles, de logements abordables, adaptés à des besoins qui évoluent au cours de la vie, des espaces qui favorisent les interactions, tout ça permet de soutenir la création d’un sentiment d’appartenance et d’un lien entre les habitants et les hyper voisins contribuent à ça.
Le collectif a travaillé au réaménagement de la place centrale du quartier, la place des droits de l’enfant, qui est maintenant piétonne et accueille régulièrement des événements. Plusieurs voisins travaillent sur la végétalisation du quartier. Les événements permettent de se rencontrer en personne. Et puis les groupes WhatsApp, c’est aussi un espace social qui crée de la familiarité. Patrick m’a expliqué aussi que l’entraide entre voisins a permis à certains de nos voisins plus âgés de rester chez eux, là où sans ça, ils auraient dû peut-être partir en maison de retraite. Donc un impact vraiment concret sur le quotidien.
Et enfin, les travaux de l’OCDE montrent que les collectivités locales peuvent soutenir ces initiatives en assurant un accès facilité aux services de base. La santé, le commerce, les crèches, les lieux de travail, des espaces verts de qualité. Et lorsque l’accès à ces espaces est possible à pied, la qualité de vie est encore accrue.
Amal
Alors Patrick, nous sommes au mois de novembre. Au mois de novembre en France correspond au mois de l’économie sociale et solidaire. C’est un mois où la France met à l’honneur ce type d’économie. Et si moi je devais qualifier votre initiative, je dirais que c’est une initiative de l’économie sociale et solidaire. Bien évidemment, nos travaux, ça fait 30 ans qu’on travaille sur ce sujet et nous avons une recommandation. Nous avons beaucoup d’expertise, mais je voulais quand même revenir sur les défis de ce type d’initiative.
Alors, nous avons entendu parler de votre souhait d’acquérir une propriété pour en faire un espace partagé. Où en êtes-vous de ce projet et avez-vous rencontré des obstacles importants en cours pour arriver à cet objectif?
Patrick
C’est cette acquisition d’une maison. C’est comme ça qu’on l’appelle. Donc c’est un ancien atelier de photogravure de 120 mètres carrés qui est situé au cœur de notre quartier. Cette acquisition collective est l’illustration parfaite de ce qu’on peut faire dès lors qu’on fertilise le terreau, dès lors qu’on a huit années de tissage de liens où on peut cette fois sur proposer à des voisins d’acheter collectivement et de manière totalement désintéressée un local qui va servir à tout le quartier.
Et c’était effectivement un challenge très très ambitieux. On l’a gagné, donc on va signer effectivement chez le notaire avant la fin du mois, l’acquisition de ce local, donc avec un deuxième chantier l’année prochaine, c’est la tranche des travaux de rénovation, etc. Mais on embarque avec nous effectivement des centaines d’habitants qui ont la possibilité, qui ont eu la possibilité effectivement de participer financièrement à cette acquisition.
Amal
Quelles sont les prochaines étapes pour la République des hypers voisins? Où voyez-vous le mouvement aller ou partir et dans quelle direction?
Patrick
Alors il y a deux choix. C’est soit on continue de raconter une belle histoire. C’est l’histoire du petit village d’Astérix, dans le 14ᵉ arrondissement, qui a réussi à créer un climat de village et dont tout le monde est très content.
Moi, c’est très bien, je sais pourquoi je me lève le matin et je suis content de me coucher le soir avec cette idée-là. Et c’est un petit peu dommage puisqu’on s’aperçoit que ça marche, on s’aperçoit que ça produit effectivement de la richesse collective. Donc l’idée de la réplication de faire de cet exemple, de cette expérimentation quelque chose de systémique se pose nécessairement.
Mais à partir de ce moment-là, il faut discuter, il faut discuter avec les collectivités, avec le gouvernement, parce que je pense que, derrière cette illustration de cet exemple, c’est la démonstration que c’est ces interactions qui existent à l’échelle d’un territoire comme ça sont un terreau extrêmement prometteur pour beaucoup de choses. On parle d’économie sociale et solidaire. On pourrait parler aussi de démocratie participative.
On peut parler de plein de choses, mais moi je parlerais de manière beaucoup plus abstraite comme ça, plus abstrait, en abstraction d’économie tout court. Je pense qu’effectivement, travailler sur la convivialité aujourd’hui, ça doit être un investissement productif, ça doit devenir en fait une politique publique. Et c’est là qu’il y a un gros travail, un plaidoyer à faire pour convaincre nos élus, pour convaincre les dirigeants des villes d’investir de manière massive dans effectivement le lien social.
Et c’est ce que dit effectivement le sénateur Murphy, Je vois un autre, un homonyme du général jeune, qui a déposé aux Etats-Unis un projet de loi qui s’appelle The Social Connection Act et qui vise à faire de l’investissement dans le lien social une priorité pour la nation américaine. Ça veut dire quand même que dans ce pays qui s’est basé sur l’individu plus que sur le collectif, on a pris en considération l’intérêt économique d’investir dans le lien social pour baisser justement toutes les dépenses qu’on n’arrive plus aujourd’hui à contrôler les dépenses de santé, les dépenses de médicaments, le coût de la solitude, etc, etc. Donc ça, c’est une voie d’avenir qu’il faut absolument prospecter.
Amal
Alors, pensez-vous que votre modèle pourrait fonctionner en dehors de Paris, peut-être dans des petites villes ou même des zones rurales?
Patrick
Le principe général de l’activation des liens entre les personnes peut s’extraire du lieu où on veut l’expérimenter. Mais c’est vrai qu’il est favorisé par la densité urbaine. C’est vrai que ce qu’on a prouvé depuis huit ans, c’est que la capacité d’interaction comme ça génère avec les gens qui habitent tout près de chez nous est rendue possible par la probabilité de rencontres. Parce que plus la densité urbaine est forte, plus on a des chances de se rencontrer le surlendemain dans la queue de la boulangerie, à la sortie de l’école, etc, etc.
Dans des territoires qui sont maillés différemment, on pense aux zones rurales. Je pense que le principe reste bon, mais je pense qu’il faut l’adapter et le l’amender de façon profonde, de façon à ce qu’on parvienne aux mêmes résultats. Ce qu’on a réussi à démontrer aujourd’hui fonctionne très très bien dans les densités urbaines. Ça nous offre un champ d’exploration quand même extrêmement important quand on voit la part de la population qui habite aujourd’hui dans les villes, il est nécessaire, à mon avis, d’imaginer une adaptation. Effectivement, pour les autres, les autres types de population.
Amal
Merci beaucoup cela nous amène à la fin de cet épisode de Cogito Talks. Un grand merci à nos deux invités de. Aujourd’hui Patrick et Marion. Alors si vous souhaitez en savoir plus sur la République des voisins, vous pouvez consulter leur page Facebook ou Instagram pour suivre leur actualité et pour nos auditeurs intéressés par le travail de l’OCDE sur l’économie sociale, y compris comment des initiatives locales comme celles-ci peuvent en renforcer la cohésion sociale, Vous pouvez consulter notre site web et notre page.
Je suis Amal Chevreau, chef d’unité, économie sociale, innovation sociale et citer un podcast de l’OCDE. Merci beaucoup.
Hôtesse
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English Transcript
Host
Welcome to OECD Podcasts, where policy meets people.
Amal
Sometimes we need a little help: a friend, some advice, a spoonful of sugar, or an extra pair of hands to fix a squeaky door. Yet 8% of Europeans and Americans say they have no close friends. The US Surgeon General, Vivek Murthy, recently described loneliness as an epidemic, warning of its serious consequences for public health.
But not everyone accepts this reality. Some are now taking a stand and trying to rebuild community life from the ground up. One such person is Patrick Bernard, who gathered a few neighbours from Paris’s 14th arrondissement in a local restaurant to discuss how they might encourage residents of their neighbourhood to connect and support one another. From that conversation, La République des Hyper Voisins (the Republic of Hyper-Neighbours) was born.
Patrick, Marion, hello and welcome to this podcast. So, first question for you Patrick: could you bring us a little closer to what La République des Hyper Voisins is, including the issues this initiative aims to address?
Patrick
Thank you. Let me recall how this project began. It started in a local restaurant. Five neighbours were there with me and I told them about this idea: turning neighbours who say hello five times a day into “hyper-neighbours”, who say hello 50 times a day. It was a very visual way of talking about energising social ties when you live in the same local area.
But that’s just one part of the project. The second part, what I had in mind, even if I spoke about it less openly with my neighbours because I worried they might run for the hills thinking it all sounded too serious – is that these interactions, this capacity we all have to connect when we share a place of life, creates value. And this actually represents an intangible economic asset—something in which it would be necessary to invest.
So that was the idea I personally had. It’s also what led me to speak early on with researchers: to see how we could create metrics, how we could identify measures of conviviality to assess the efforts we were about to undertake to strengthen social connection.
Amal
Thank you Patrick. I’ll turn now to Marion. So, Marion, how did you first hear about La République des Hyper Voisins? And what motivated you to get involved?
Marion
Thank you, Amal. Shortly after moving into the neighbourhood, I came across a poster on my building door advertising the table d’hôte – a huge neighbourhood banquet that brings together around 1,500 diners every September.
Each neighbour was encouraged to bring a dish or drinks to share and get to know one another. I had never heard of such an event in Paris. I thought it would be a great way to discover my new neighbourhood and make friends. And indeed, I did make friends – people I’m still in daily contact with today.
Those neighbours also told me about La République des Hyper Voisins’ WhatsApp community, an ecosystem of groups organising conviviality and mutual support in the neighbourhood. The tone was joyful and warm, and I started checking the groups very quickly. I also found out early on that taking part in La République des Hyper Voisins didn’t require a big commitment—just looking at the groups and speaking up when you were able to lend a hand.
As a young professional and now a young mum that was really important. If the initial commitment had been too heavy, I think I would have held back, afraid of not being able to follow through. But as things were, I felt comfortable participating. And I soon realised that these groups genuinely improved my quality of life.
It starts with small things. For example, when I moved in, I tripped my electricity meter and a neighbour helped me reset it. Someone lent me a trolley to move my belongings. I got help installing my baby in his car seat. All sorts of small acts that improve daily life. And today, I realise I don’t even need to be in direct contact with the community to feel better. I know that if I lose my keys or get locked out in the rain, someone will always be there to help.
And that really is a unique daily comfort.
Amal
Thank you both for bringing us closer to how this adventure started. I’m turning again to you, Patrick, to go a bit deeper. What was the initial reaction in the neighbourhood when you launched La République des Hyper Voisins?
Patrick
Launching a project like this isn’t simple. I was hoping for spontaneous enthusiasm, but I think the first reactions were mostly sceptical. Take the example of the table d’hôte this long table we set up in the street. It was seen as a real challenge, something people didn’t quite believe possible.
When I proposed the idea, the thought of seating a thousand people in the middle of the street seemed insurmountable to them. This wasn’t something they’d ever experienced. They tried to convince me to set up a table in a small cul-de-sac with 50 seats which already would have been an achievement. So, there was some understandable reluctance.
I had to hold firm, push back a little, and maintain the ambition. And I think the success we had in the very first year with that large table helped earn me my captain’s stripes, so to speak people began to trust me. After that, a dynamic took off that was extremely productive.
But we did have to earn that trust. We had to reassure people that we weren’t there to manipulate anyone. We had to disarm suspicion. When you propose doing things in a neighbourhood, people often assume you’re doing it for partisan reasons or a political agenda or with hidden interests. I had to be absolutely transparent about my intentions, show that I had no personal agenda, and ensure that all our activity would take place within a very collective and totally transparent approach.
Amal
Well, that’s great to hear, and I suppose that after this success after gaining trust were you surprised by the number of people who wanted to join La République des Hyper Voisins?
Patrick
Yes, that was one of the wonderful surprises. Eight years on, we’re now struggling to manage a growth we didn’t foresee. For example, entry to the WhatsApp groups is capped at 2,000 people. You now have to wait almost a month for a place to open when someone leaves. It’s a sign of success.
At the beginning, things happened in stages. Something that helped us enormously was oddly enough COVID. It showed that all the in-person activities we had started organising, moments when people met face-to-face, were going to be sorely missed during lockdown.
So we turned to digital tools. Digital didn’t appear out of nowhere; it came in as a tool to enhance what we were already doing, not as an end in itself. That was crucial. And digital tools allowed us to grow very rapidly, because meeting in person wasn’t essential. Everything we do digitally aims eventually to lead to real-life encounters, but it’s not an obligatory first step.
Amal
Thank you, Patrick. I’m turning again to Marion, who moved into the area in 2017. Marion, what were your first impressions when you discovered this neighbourhood movement?
Marion
When I moved to the neighbourhood, I had already been living in Paris for several years. But to be honest, I had never really felt at home in Paris. I had no connection with my neighbours. And ultimately, what makes a neighbourhood feel like home? It’s the people who live there—even if they aren’t inherently more familiar than in any other city.
That changed immediately with La République des Hyper Voisins. Recognising familiar faces I’d seen at the table d’hôte, spotting people in the street with whom I’d interacted on WhatsApp, just seeing the constant online conversations gave me a sense of warmth and conviviality.
And there are things you feel in the neighbourhood even without knowing about the initiative. As a young student who first moved to Paris, I had experienced street harassment, like many others, and my Parisian life had been shaped by a kind of constant vigilance. But that changed when I moved here. I think the fact that people know each other creates a sense of safety and benevolence that you can literally feel in the street.
Amal
I’d like to stay with Marion for a moment to link this initiative to what we do here at the OECD. Marion, does the OECD have evidence on how neighbourhood dynamics influence people’s lives?
Marion
Absolutely. First, OECD data show just how important it is to consider how neighbourhoods and social relationships contribute to people’s quality of life. Ten percent of OECD residents have no one they can rely on in times of need. Research shows that loneliness is associated with poor mental and physical health, worse job performance, and a greater risk of unemployment.
We’ve also identified three groups particularly at risk of social isolation: people on low incomes or unemployed, women, especially those with young children, and older people. More than one in ten older adults doesn’t see a single friend in person over the course of a year.
And between 2020 and 2040, the share of people aged 65 and over living in and around urban areas in OECD countries will rise from 21% to 29%. So this is a major issue.
The OECD has done work on age-friendly cities, showing that the built environment, community social relationships, and access to basic services all influence children’s development, people’s opportunities throughout life, and older people’s ability to age comfortably at home. Neighbourhoods with accessible public spaces, affordable housing adapted to changing needs, and places that encourage interaction help build a sense of belonging and community connection.
La République des Hyper Voisins contribute to all of this. The collective has helped redevelop the neighbourhood’s central square, the Place des Droits de l’Enfant, which is now pedestrian and regularly hosts events. Several neighbours work on greening the neighbourhood. Events allow people to meet in person. And WhatsApp groups are also social spaces that create familiarity.
Patrick also told me that neighbours’ mutual support has enabled some older residents to remain at home, whereas without this help, they might have had to move into a care home. That’s a very concrete impact on daily life.
And finally, OECD research shows that local authorities can support such initiatives by ensuring easy access to basic services: healthcare, shops, childcare, workplaces, quality green spaces. And when these services are accessible on foot, quality of life improves even more.
Amal
Patrick, it’s November, and in France November is the month dedicated to the social and solidarity economy. If I had to classify your initiative, I’d certainly place it within that framework. We’ve worked on this topic for 30 years and have a recommendation and a great deal of expertise. But I’d like to come back to the challenges these initiatives face.
We’ve heard about your desire to purchase a property to create a shared space. Where are you with this project, and have you encountered any major obstacles?
Patrick
We call this the purchase of “the house”, it’s a former photogravure workshop of 120 square metres right in the heart of our neighbourhood. This collective purchase perfectly illustrates what’s possible when you cultivate relationships over time, when, after eight years of weaving social ties, you can invite neighbours to buy a space together, entirely altruistically, to serve the whole neighbourhood.
It was a very ambitious challenge. But we succeeded. We’ll be signing at the notary’s before the end of the month to finalise the purchase, and next year we begin the renovation work. And we’ve brought hundreds of residents along with us, people who had the opportunity to contribute financially to the project.
Amal
What are the next steps for La République des Hyper Voisins? Where do you see the movement going?
Patrick
There are two options. One is simply to keep telling a beautiful story, the story of a little Asterix-style village in the 14th arrondissement that has managed to create a village atmosphere and where everyone is delighted.
That alone is wonderful. I know why I get up in the morning, and I’m happy to go to bed with that thought. But it would be a shame to stop there, because we see that it works, and that it creates collective value.
So the question of replicating this example, scaling up this experiment, necessarily arises. But for that, we need to talk to local authorities, to government. Because what this example demonstrates is that the interactions that take place within a local territory represent extremely fertile ground for many things. We can talk about the social and solidarity economy, participatory democracy, and much more.
But I would speak of it more broadly, as part of the economy, full stop. Working on conviviality should be a productive investment. It should become a public policy. And we need strong advocacy to convince elected representatives and city leaders to invest heavily in social ties.
In fact, US Senator Murphy—not to be confused with the Surgeon General, has introduced a bill called the Social Connection Act, which aims to make investment in social connection a national priority. In a country built more on individualism than collectivism, this shows a real acknowledgement of the economic value of investing in social ties, to reduce all the costs we can no longer control: healthcare costs, medication, the cost of loneliness, and so on.
This is a path we must explore.
Amal
Do you think your model could work outside Paris, in smaller towns or even rural areas?
Patrick
The general principle of activating social ties between people can be applied anywhere. But it’s helped by urban density. What we’ve demonstrated over eight years is that the ability to interact with people who live very close by is made possible by the probability of frequent encounters. The denser the city, the more likely you are to run into the same people the next day at the bakery, at school pick-up, and so on.
In areas with a different structure, such as rural areas, the principle remains sound, but it needs adapting and adjusting in a significant way to achieve the same results. What we’ve shown works extremely well in urban settings. And given how much of the population lives in cities, this already gives us a vast field to explore. But yes, we should imagine tailored adaptations for other contexts.
Amal
Thank you very much. That brings us to the end of this episode of Cogito Talks. A huge thank you to our guests today, Patrick and Marion. If you’d like to know more about La République des Hyper Voisins, you can visit their Facebook or Instagram pages to follow their updates. And for listeners interested in the OECD’s work on the social economy, including how local initiatives like this can strengthen social cohesion, you can visit our website and dedicated pages.
I’m Amal Chevreau, Head of the Social Economy and Social Innovation Unit, and this was an OECD podcast. Thank you very much.
Host
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To learn more, visit the OECD’s Social economy and social innovation webpage. Follow the great work of La République des Hyper Voisins on Facebook and Instagram.
Amal Chevreau, Head of the social economy and innovation unit, Centre for Entrepreneurship, SMEs, Regions and Cities, has authored and co-authored several publications on the social economy and social entrepreneurship. Amal also worked in the OECD regional development division. Prior to joining the OECD, Amal worked 10 years as head of studies and research at l’Institut de Prospective Economique du Monde Méditeranéen (Paris), and held several senior positions in regional development agencies in Morocco. She holds a BA in public law and political science (University Mohammed V- Morocco) an LLM in comparative law (University of Miami- School of Law-US) and an MA in international relations and international public law (Keele University-United Kingdom).
Marion Lagadic is an Economist / Policy Analyst at the OECD Centre for Entrepreneurship, SMEs, Regionsand Cities (CFE) in theCITY Division where she focuses on Inclusive Growth in Cities. She is completing her PhD at the University of Oxford and is a lecturer at Science Po in Paris, France.
Patrick Bernard is a French community leader, best known as the founder and president of the association La République des Hyper Voisins, based in Paris’s 14ᵉ arrondissement. His work centres on strengthening social cohesion and neighbourly solidarity. Through weekly events like shared meals, apéros(neighborhood get-togethers), and mutual aid initiatives (e.g., helping older neighbours, distributing masks), he aims to weave stronger social ties among residents. He envisions a role he calls “l’amidu quartier”, a kind of social architect who helps residents connect and co-create their neighbourhood life.



